Du 11 au 14 juin 2019.
Riga, que ses habitants appellent toujours « la ville de Wagner », car, si les traces matérielles de sa vie, entre 1837 et 1839, ont été, en partie, effacées par les soubresauts de l’histoire contemporaine, son âme est bien présente. Séjour bref mais fructueux, même si Minna et lui, pendant deux ans, tireront le diable par la queue !
Nommé, à vingt-cinq ans, chef d’orchestre du Théâtre de Riga (seul opéra de la ville, à cette époque), il dirigea et mit en scène plus de vingt productions. Grâce à son expérience de la fosse et de la salle de ce théâtre innovant, il jettera les bases de sa réflexion menant, bien des années après, à la création de celui de Bayreuth. À Riga, il travailla également à Rienzi. Nous passerons devant les lieux jadis fréquentés par Wagner.

Quant au charme actuel de Riga, il tient au mélange des genres architecturaux. Visiter Riga, c’est à la fois arpenter les ruelles et les places pavées de la vieille ville, reflétant son histoire entre influences allemande, suédoise et russe, puis découvrir l’un des plus beaux quartiers Art Nouveau d’Europe. Riga ou l’éclectisme brillant ! Et, comme, en Lettonie, la nature n’est jamais loin, les plages de la Baltique sont toutes proches, et nous profiterons d’une vivifiante échappée à Jurmala, tandis que le « Versailles letton », le Château de Rundale, nous ouvrira ses grilles.
Et la musique dans tout cela ? Nous souhaitons associer ce voyage au festival d’opéra de Riga, qui se tient traditionnellement la première quinzaine de juin. Mais, attention, le programme est habituellement connu courant décembre ou début janvier. C’est donc à ce moment seulement que nous pourrons préciser les dates exactes de notre voyage.
Janine Fayolle
Souvenirs de voyage par Janine Fayolle
Du 11 au 14 juin 2019, Riga
Une vingtaine de membres de notre Cercle parisien se sont envolés vers la capitale de la Lettonie, dans le but de découvrir Riga, sur les pas de Richard Wagner, et d’assister, à l’occasion du festival annuel d’opéra, à une représentation du Vaisseau fantôme.
Après un coup d’œil au château de l’ordre de Livonie, le premier contact avec cette ville paisible et bucolique a été le quartier Art nouveau, l’un des plus beaux d’Europe. Grâce à la passion, au brio et à la compétence de notre guide, nous a été dévoilée la richesse incroyable de ce style autour de la figure centrale de Mikhaïl Eisenstein (1867-1920), père du célèbre cinéaste. Pas un immeuble ne se ressemble, chacun portant un décor travaillé à l’extrême et expressif : atlantes et cariatides, fleurs et pommes de pin, masques et mascarons, bas-reliefs, motifs mythologiques, sphinges, lions et dragons, frises blanches et bleues… Conquise, en 1710, par Pierre le Grand, Riga garde une forte empreinte russe, comme en témoigne la cathédrale orthodoxe de la Nativité.

où Wagner dirigea une vingtaine d’œuvres (photo : Rīgas Vāgnera Nams)
La seconde journée a été consacrée à la vieille ville, le long de ses rues et places pavées, marquées par l’appartenance de Riga à la Hanse et par l’influence économique et culturelle des commerçants allemands : petite Guilde, grande Guilde, Maison du Chat… Du haut de l’église luthérienne Saint-Pierre se découvre une vue panoramique de la ville dans sa totalité, médiévale comme contemporaine, avec ses ponts modernes sur la rivière Daugava, le design de la nouvelle bibliothèque nationale, ou encore ses anciennes maisons à pignons, serrées autour des églises…
À midi, nous avons assisté, dans la majestueuse cathédrale (Dôme), à un concert d’orgue, apprécié de toutes et de tous. À quelques pas de là, la Maison Mentzendorff conserve un beau témoignage de la demeure et de la vie d’un riche marchand du XVIIe siècle.
Et Richard Wagner ? S’il ne reste rien, sauf le souvenir, de ses deux appartements, détruits pendant la Seconde Guerre mondiale, nous nous sommes arrêtés dans la rue qui porte son nom, devant le Théâtre allemand (fermé), où il dirigea une vingtaine d’œuvres, et dont l’agencement particulier préfigura les innovations de Bayreuth. Un regard prolongé aussi sur la Maison des Têtes Noires, où il joua très souvent, avant de pénétrer dans le musée d’histoire de Riga et de la navigation, pour voir sa baguette de chef d’orchestre. Déjà, il était temps de se préparer, pour assister à la représentation, à l’Opéra national, du Vaisseau fantôme (cf. critique de Chantal Barove).

avec ses bateaux en bois (photo : Alain Barove)
Le lendemain nous emmena vers la Courlande, et son château de Rundale, délicieusement rococo, construit au XVIIIe par Bartolomeo Rastrelli, l’architecte des tsars. Ce bel ensemble baroque est agrémenté d’un jardin à la française. Puis, cap sur la Baltique, et la station balnéaire de Jurmala. Déjà très prisée du temps des tsars, ses belles villas de bois se dissimulent entre les forêts de conifères et la longue plage de sable fin (30 km). Une halte saine et vivifiante !
Derniers regards et dernières impressions avant le retour vers Paris, une tranquille croisière sur le petit canal de la ville, relié à la Daugava, nous offrit une vue différente de Riga, tandis que, dans le marché central, installé dans les immenses hangars destinés aux zeppelins, nous attendait une dégustation de produits locaux.
Quatre jours qui passèrent bien vite, sous le signe de la musique et de la convivialité.
Janine Fayolle